Questions de la semaine du 18 juin

  • Quelles sont les espèces de Bourdons présentes chez nous (à part le bourdon terrestre) ? Lesquelles sont indigènes ?

    Jean-Noël

Cher Jean-Noël,

 

On dénombre une quarantaine d’espèces et sous-espèces de bourdon du genre Bombus en Suisse recensées dès 2000 par le Centre Suisse de cartographie de la faune (CSCF) dont voici la liste: Bombus alpinus, B. argillaceus, B. barbutellus, B. campestris, B. confusus , B. cryptarum, B. flavidus, , B. hortorum, B. humilis, B. hypnorum, B. inexspectatus, B. jonellus, B. lapidarius, B. lucorum, B. mendax Gerstäcker, B. mesomelas Gerstäcker, B. monticola, B. mucidus Gerstäcker, B. muscorum, B. norvegicus, B. pascuorum, B. pascuorum pascuorum, B. pratorum, B. pyrenaeus, B. quadricolor, B. ruderarius, B. ruderatus, B. rupestris, B. sichelii, B. soroeensis, B. subterraneus, B. sylvarum, B. sylvestris, B. terrestris, B. terrestris aggr., B. vestalis, B. veteranus, B. wurflenii. Toutes ces espèces sont classifiées comme étant indigènes en Suisse par le CSCF, et d’ailleurs on ne trouve aucune espèce de bourdon dans l’inventaire des espèces exotiques publié par l’Office fédéral de l’environnement (OFEV) en 2006.

Il faut toutefois préciser que le groupe des insectes est un groupe particulièrement mal connu. L’inventaire de l’OFEV comptait 133 espèces exotiques d’insectes mais précise que ce chiffre est conservateur. Il n’est pas impossible que certaines espèces d’insectes soient incorrectement classifiées comme indigènes alors qu’elles sont en réalité exotiques et que des espèces exotique soient présentes sur territoire helvétique mais n’aient pas (encore) été détectées. 

Tina Cornioley, Dr.

Université de Fribourg

 


  • Est-ce qu’on peut manger l’écrevisse américaine ?

    Rémi Hejda

Cher Rémi,

Oui, l’écrevisse américaine, comme les écrevisses indigènes, se mange et elle est même très appréciée des cuisiniers. Sa pêche est autorisée depuis longtemps dans le lac Léman et depuis 2017, elle l’est aussi dans le Rhône et quelques autres rivières pour le plus grand bonheur des pêcheurs et restaurateurs de la région. Cette stratégie permet de joindre l’utile à l’agréable puisque sa chair est excellente et que la pêche permet de faire baisser la population de cette espèce exotique. 

Tina Cornioley, Dr.

Université de Fribourg

 


  • Pourquoi les hommes n’ont pas réfléchi avant d’introduire des espèces comme les crapauds dans les cultures?

    Paulin

Cher Paulin,

Voici une question difficile. Il est vrai que dans beaucoup de cas, des introductions se font sans réflexion ni véritable recherche scientifique, comme dans le cas de l’étourneau sansonnet. Souvent, il s’agissait d’un manque de connaissance et d’un manque d’intérêt pour la biodiversité. Il n’est peut-être pas tout à fait correct de dire que les hommes ne réfléchissent jamais avant d’introduire des espèces dans un nouvel endroit, mais que parfois ils ne réfléchissent pas assez ou font face à des conséquences complètement inattendues. Le crapaud buffle est un bon exemple. Ce crapaud, venu d’Amérique Latine, a d’abord été introduit dans les champs de cannes à sucre de Puerto Rico pour lutter contre des insectes dévorant les cultures. Là-bas c’est un succès alors l’Australie décide elle aussi d’importer des crapauds buffles pour lutter contre ses nuisibles. Mais en Australie, rien ne se passe comme espéré. Le crapaud n’a aucun effet sur la population de nuisibles qu’il est sensé combattre, la population de crapaud explose, et pire, il entraîne la mort de serpents et crocodiles australiens par son poison. Ceci montre qu’il est important d’être très prudent avant de déplacer une espèce. L’Australie a bien retenue la leçon et a aujourd’hui des réglementations très sévères contre les espèces exotiques. En Europe par contre, la situation est très différente et les Européens font beaucoup moins attention au déplacement d’espèces. Peut-être qu’il faudra que l’Europe vive une grande catastrophe comme celle du crapaud buffle pour devenir plus sage.

Tina Cornioley, Dr.

Université de Fribourg